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SONACAM : Guerre de communication autour des droits d’Eboa Lotin

Par Junior King Ondoua 3 min de lecture 2 vues
SONACAM : Guerre de communication autour des droits d’Eboa Lotin
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SONACAM : Guerre de communication autour des droits d’Eboa Lotin

Dans un communiqué daté du 24 septembre 2026 à Yaoundé, la Société Nationale Camerounaise de l’Art Musical (SONACAM) monte au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de campagne de dénigrement.1. L’objet de la polémique : les 2 000 FCFA d’Eboa LotinTout part d’une rumeur relayée par certains médias et sur les réseaux sociaux : la famille de l’icône de la musique camerounaise, Eboa Lotin, n’aurait reçu que 2 000 FCFA lors de la répartition des droits d’auteur de septembre 2026.

Une somme symboliquement violente, qui a provoqué une vague d’indignation, tant Eboa Lotin reste une figure patrimoniale de la musique au Cameroun.2. La réponse de la SONACAM : un démenti fermeLe Président du Conseil d’Administration, le Dr Ateh Bazore (Dr Ateh Francis Ngong), s’inscrit en faux.Il rappelle les chiffres de son précédent communiqué du 17 septembre 2026 :Montant minimal de la répartition : 30 000 FCFAMontant maximal : 300 000 FCFASelon lui, il est donc impossible que la famille ait touché 2 000 FCFA.

La SONACAM invite à vérifier l’information directement auprès de l’ayant-droit, la veuve Eboa Lotin, qui aurait perçu les droits via Express Union.3. Analyse : une crise de crédibilité récurrenteCe communiqué en dit plus qu’il n’y paraît.a) Une défense sur la défensive : La SONACAM ne publie pas le bordereau de paiement ni le montant exact versé à la famille Eboa Lotin. Elle se contente de rappeler la fourchette. Dans une crise de confiance, l’absence de preuve chiffrée laisse la polémique ouverte.b) L’accusation de « sabotage » : La SONACAM évoque « certains médias avides de sensations » et « ceux-là qui malgré leurs échecs répétés continuent de tout mettre en œuvre pour empêcher l’artiste camerounais de jouir de son fruit ».

C’est une rhétorique habituelle de l’institution, qui se présente comme victime d’un complot, sans nommer ses détracteurs.c) Le vrai problème de fond : Au-delà des 2 000 FCFA, vrais ou faux, c’est le montant même de 30 000 à 300 000 FCFA qui interroge. Pour de nombreux artistes, ces sommes restent jugées dérisoires après des mois d’attente, surtout pour des légendes dont les œuvres continuent d’être exploitées.En renvoyant vers la veuve pour témoigner, la SONACAM prend un risque : si la famille contredit la version officielle, la crise s’aggravera.En conclusion, ce communiqué du 24 septembre vise à éteindre un incendie médiatique, mais il ne répond pas à la question centrale qui alimente la colère des artistes depuis des années : la transparence totale sur le mode de calcul et de répartition des droits d’auteur au Cameroun.

Par: La Rédaction

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